Oct 6, 2020

Un matin d’automne comme un autre, il pleut des cordes sur le lac, et je me suis fait la réflexion…. Comment colorer nos vies que l’on considère comme parfois si ternes ? Comment sortir du réglage « noir et blanc » ? Est-ce une question de caractère ? Jeanne, elle, voit toujours tout en rose, elle est toujours contente, c’est épuisant. Michel, lui, voit tout en noir, rien ne va jamais. Serait-on donc monochrome dans la vision de notre propre quotidien ? Les circonstances, les situations sont-elles à l’origine de ce regard que nous portons ? Facile alors pour Christian de voir la vie en couleur, son boulot est passionnant, ses enfants adorables et je ne vous parle même pas de la taille de sa maison !  

Alors ce matin, essayons ensemble de devenir le peintre de notre propre vie, d’insérer de la couleur là où nous n’en voyons pas, de teinter les évènements, d’élargir nos angles ! 

 Rééduquer notre regard  

Le plus souvent, ce n’est pas la situation dans laquelle nous nous trouvons qui nous déclenche une émotion, mais la perception que nous en avons.  

Jules vit avec angoisse la perspective d’une présentation orale tandis que Juliette voit ça comme un challenge enthousiasmant. Certaines mamans ne supportent pas de voir leurs enfants sales, preuve s’il en faut, de leur propre incapacité à les « tenir » alors que d’autres mamans s’en amusent. Martin déteste les balades en hiver, ne prenant aucun plaisir à avoir froid alors que Georges n’aime rien de plus. La maman de Géraldine est atterrée des nouveaux goûts vestimentaires de sa fille de 16 ans, signe évident selon elle que l’adolescente est sur la mauvaise pente , alors que cela génère chez le papa une grande fierté : sa fille développe avec courage sa personnalité atypique, cela promet de grandes choses. 

Tout cela veut donc dire que nous avons en main un outil très puissant : nous pouvons diriger notre attention et changer notre perception de la situation. 

Il existe une multitude d’évènements de notre quotidien que nous avons tous tendance à voir de facto négativement. Pourtant, et oui, il est possible de voir ces situations autrement et, par-là, de transformer les émotions engendrées. 

Voilà un petit exercice que je vous invite à compléter avec vos propres exemples de vie :

tableau interprétation positive négative

Prêter attention au positif 

Martine a tellement de chance d’avoir des enfants en bonne santé… Ah, si je gagnais aussi bien ma vie que Nicolas…  Pauline a de la chance d’avoir les moyens de bien s’habiller ! Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir m’offrir de beaux vêtements comme elle ! J’aimerais tellement avoir une aussi jolie maison que Raphaël…
Pierre et Jacques ont tant de chance de pouvoir s’offrir de si belles vacances..

Les êtres humains que nous sommes ont une facilité déconcertante à identifier la chance des autres et, spécifiquement, la chance qu’ils ont et que nous n’avons pas… Pour le dire autrement, nous détectons très rapidement ce que les autres ont de plus que nous. Il est d’ailleurs amusant de constater que nous verrons plus facilement la chance de notre meilleure amie que la nôtre… et l’inverse est vrai aussi ! Nous savons la chance qu’elle a, elle sait la chance que nous avons mais, curieusement, nous ne mesurons pas la chance que nous avons, pas plus qu’elle ne mesure la sienne !  

Comment cela se fait-il ? L’être humain est un être social et il effectue sans cesse ce que les psys appellent « de la comparaison sociale ». Le phénomène de comparaison sociale permet à chaque individu de se situer rapidement parmi ses pairs pour une caractéristique donnée (beauté, statut socio- économique, traits de personnalité,…). Nous faisons ainsi deux types de comparaisons :  

  • vers le haut (nous regardons ceux qui sont au-dessus, meilleurs que nous sur la caractéristique en question) ;  
  • vers le bas (nous regardons ceux qui sont en dessous, moins bons que nous sur la caractéristique en question).  

 En théorie, il semblerait logique de penser que nous faisons en permanence les deux types de comparaisons (vers le haut et vers le bas) et que nous nous mesurons aux autres sur l’ensemble des caractéristiques possibles et imaginables.
En pratique, les choses sont très différentes : nous effectuons essentiellement de la comparaison vers le haut, et spécifiquement sur les caractéristiques que nous jugeons importantes et sur lesquelles nous nous jugeons défaillants.  

Si nous accordons de l’importance à l’aisance matérielle, nous identifierons immédiatement tous ceux qui possèdent plus que nous. Si c’est la générosité que nous valorisons, nous penserons immédiatement à tous ceux qui donnent plus que nous. 

Par contre, si nous mangeons bien et à notre faim, nous ne penserons pas à ceux qui mangent moins ou plus mal que nous. Si nous sommes en bonne santé, nous ne penserons pas à ceux qui sont en moins bonne santé. Et si nous avons un travail, nous ne penserons pas à ceux qui n’en ont pas… Le résultat est que nous éprouvons beaucoup de difficultés à prendre conscience de notre part de chance.  

 Pourtant, les recherches scientifiques sont formelles à cet égard : prendre ne fût-ce qu’une minute tous les soirs pour réfléchir à notre part de chance suffit à améliorer notre humeur, notre sommeil et notre santé à long terme. Nous pouvons rééduquer notre regard et apprendre à prêter plus d’attention au positif! 

Alors, à vos carnets, je vous conseille d’identifier chaque soir trois situations positives de votre journée, vous ayant apporté réconfort, plaisir, joie ou fierté par exemple. Vous pouvez également le faire une fois par semaine, en identifiant par exemple 5 situations.

femme-sourire-pluie

S’attendre au meilleur plutôt qu’au pire 

...Être optimiste ou pessimiste, ça change quoi ? 

 Notre degré d’optimisme influence nos émotions 
L’effet de notre degré d’optimisme sur nos émotions se manifeste dans toute une série de situations, des plus banales aux plus importantes. Si, par exemple, mon couple traverse une période difficile, je vivrai les choses très différemment selon que j’anticipe une issue favorable ou défavorable. Dans le premier cas, je serai confiant et calme, dans le second, je serai déprimé et agité.  

Notre degré d’optimisme influence notre santé  

Les optimistes vivent beaucoup d’émotions positives, lesquelles sont connues pour avoir un effet protecteur sur la santé. Par comparaison, les pessimistes éprouvent fréquemment des émotions négatives, qui sont connues pour altérer progressivement la santé. On le voit aussi au niveau du sommeil : les optimistes dorment mieux que les pessimistes. Or, le sommeil influence aussi notre santé !  

Notre degré d’optimisme influence le cours des événements  

Non content d’influencer nos émotions et notre santé, notre degré d’optimisme/pessimiste influence aussi le cours même des événements ! C’est ce que les psys appellent l’auto- réalisation de la prophétie. Les événements finissent par vous donner raison.  

L’optimiste qui traverse une crise conjugale se dira que son couple ne peut pas s’arrêter là, il redoublera d’efforts pour raviver la flamme et attendra sereinement que ses efforts paient. Le pessimiste baissera les bras et rentrera dans une profonde déprime. Alors que le conjoint de l’optimiste ne pourra qu’être charmé par son comportement, le conjoint du pessimiste trouvera dans son attitude la confirmation qu’il est peut-être temps que cette histoire se termine… Le pessimiste et l’optimiste se verront tous deux confirmés dans leurs attentes. 

Ce dernier exemple illustre un point essentiel : les choses ne tombent pas toutes cuites dans la bouche de l’optimiste. Son optimisme ne le conduit pas à attendre béatement que les choses se réalisent, mais bien à trouver le courage d’entreprendre ce qu’il faut pour que ce qu’il désire se réalise.  Cette notion d’effort est aussi ce qui différencie l’optimiste de l’optimiste irréaliste. L’optimiste irréaliste attend passivement que ses désirs se réalisent. 

 

 Pessimists wanted ! 

Ce qui précède pourrait laisser penser qu’il est préférable d’être optimiste que pessimiste. S’il est incontestable que le pessimiste souffre de son pessimisme, la société a néanmoins besoin des pessimistes. Une société donnée a même besoin d’autant de pessimistes que d’optimistes pour croître et se développer. Elle a en effet besoin qu’une partie des individus (les optimistes) identifient les opportunités, fixent des objectifs audacieux et aient l’enthousiasme nécessaire pour déployer les efforts requis pour les atteindre. Dans le même temps, elle a besoin que l’autre partie (les pessimistes) identifient les écueils et problèmes potentiels, freinent les projets le temps de les résoudre, et anticipent les choses qui pourraient encore mal tourner. 

Le pessimisme n’est donc pas une tare de la nature, bien au contraire ! L’un n’est pas préférable à l’autre, nous avons besoin des deux pour faire un monde. Souvent, d’ailleurs les couples sont complémentaires à cet égard : l’un est pessimiste et l’autre optimiste. Même si ces différences font parfois souffrir les partenaires, cette complémentarité est en réalité bénéfique. 

Si nos traits de caractère nous font pencher vers l’un ou l’autre des deux profils décrits ici, nous disposons tous d’une intelligence incroyable. 

Celle-ci nous permet de diriger notre attention, et de ne pas subir les perceptions des situations que nous vivons. Ainsi, avec le temps, nous pouvons apprendre à rééduquer notre regard, prêter attention au positif de chaque chose et à nous attendre au meilleur plutôt qu’au pire. 

Alors, en ces gris matins d’automne, prenez le temps de regarder avec bienveillance le tableau de vos vies, de saisir la palette et mettez-y de la couleur !  

À vos pinceaux ! 

Si vous souhaitez creuser cette thématique, je vous conseille le livre   ” Vivre mieux avec ses émotions” du Dr Martin DESEILLES et du Dr Moira Mikolajczak.

Aliénor DE BOCCARD

Psychologue FSP

Psychologue depuis 2012, je propose un accompagnement aux adultes vivant une période difficile (stress, burn-out, déséquilibre vie pro/perso, souffrance ou épuisement dans la parentalité ou dans la sphère professionnelle, baisse de moral par exemple) et souhaitant amorcer un changement positif dans leur vie………en savoir plus

Vous aimerez aussi
Muscler ses compétences émotionnelles pour un meilleur travail d’équipe

Muscler ses compétences émotionnelles pour un meilleur travail d’équipe

L’émotion est une ressource! Elle est avant tout une information et cette information va nous permettre, une fois bien identifiée, de mettre en place une action adaptée. Vous conviendrez par exemple que ne réagiriez absolument pas de la même façon si un collègue est déçu ou s’il est en colère … Pour un bon travail d’équipe, il faut savoir développer cette finesse-là : apprendre à déceler l’état émotionnel de l’autre permet de savoir comment nous positionner, que faire pour justement que cela ne nuise pas au travail d’équipe.

Février : 28 jours”c’est déjà ça!”

Février : 28 jours”c’est déjà ça!”

Temps détestable, actualité morose, absence de lumière et incapacité totale à se projeter dans quoique ce soit. Le mois de janvier a été, pour beaucoup cette année, lourd et long.
Et si nous prenions ce mois de février comme un nouveau départ ?
Et si nous décidions d’agir pour changer notre quotidien, pour mettre des paillettes dans nos journées d’hiver ?

Articles par catégorie

Nutrition, prévention santé

Qualité relationnelle, Intimité, Sexothérapie, Hypnothérapie

Réorientation professionnelle, Satisfaction du travail

Accompagnement des souffrances adultes, travail et parentalité, adultes HP

Relations Humaines, Séparation